Solaire thermique et gaz naturel, un duo d’avenir pour le bâtiment

Solaire thermique et gaz naturel, un duo d’avenir pour le bâtiment

L’association du gaz naturel et du solaire thermique sera l’une des solutions d’avenir pour le bâtiment. C’est ce que pressentent Olivier Godin, président de la société Solisart et vice-président d’Enerplan chargé de la chaleur solaire, et Romain Ruillard, responsable efficacité énergétique chez GRDF Cegibat.

Comment envisagez-vous l’avenir commun du gaz naturel et de la chaleur solaire ?

Romain Ruillard : Dans le cadre de la trajectoire énergétique fixée par les pouvoirs publics, le couplage gaz et solaire thermique s’inscrit comme l’une des solutions évidentes. Dans certaines configurations de bâti et de compacité de bâtiments collectifs, il permet d’atteindre le niveau carbone le plus exigeant (C2) de l’expérimentation E+C-. Le solaire thermique se caractérise par un rendement important des panneaux et par un faible impact carbone du fait de ses éléments constitutifs et d’une production majoritairement située en France et en Europe de l’ouest. Il est à noter qu’Uniclima réalise actuellement une fiche PEP* collective sur les panneaux solaires thermiques avec les fabricants de matériels de chauffage.

Olivier Godin : L’association du gaz naturel et du solaire thermique offre une grande latitude de « réglage » de la surface de capteurs du fait de rendements trois à quatre fois supérieurs à ceux du photovoltaïque. C’est un avantage pour atteindre les performances énergétiques et environnementales maximales de la future réglementation. C’est aussi l’une des solutions les plus compétitives en coût d’exploitation. J’en veux pour preuve les résultats obtenus dans le cadre d’un projet R+4 de Logéal Immobilière à Malaunay (76) : 81 euros seulement de dépenses (chauffage + ECS) par an pour un appartement de 95 m2 !

Après les contre-références du passé, comment redorer le blason du solaire thermique ?

O. G. : L’origine des contre-références est principalement issue de problématiques filières : surdimensionnent, mauvais équilibrages, mauvais réglages des systèmes de sécurité en cas de surchauffe des panneaux. Depuis, nous avons mené avec Socol un travail de simplification et de standardisation des schémas hydrauliques, afin de délivrer aux professionnels des supports validés techniquement et éligibles au « fonds chaleur » de l’Ademe. Socol a ainsi rationalisé le nombre de schémas, désormais au nombre de six.
La création de la formation Qualisol, en 2006, et les documents du programme Rage, en 2012, ont par ailleurs fait progresser la qualité des réalisations. Celle-ci a évolué très positivement, comme le souligne l’étude Qualit’EnR de 2016, réalisée sur un panel de 15 000 installations solaires. En quelques années, le nombre d’installations défaillantes a été divisé par dix, et celui des installations exemplaires multiplié par trois. Reste à mieux faire connaître ces points forts.

R. R. : De son côté, GRDF Cegibat a créé une schémathèque solaire conçue avec l’Ines, Socol, Tecsol, le Costic et Enerplan qui inclue notamment des schémas pour des configurations CESCI** et CESCAI***. Nous avons également contribué avec l’USH à la réalisation d’audits d’installations solaires thermiques permettant d’identifier les actions nécessaires à mettre en oeuvre pour un bon fonctionnement.

L’innovation technique peut-elle aussi contribuer à cette relance ?

R. R. : Le solaire thermique a connu de réelles innovations, ces dernières années. Les fabricants proposent de nouveaux systèmes de sécurité de surchauffe, comme l’auto-vidangeable ou les capteurs auto-occultants qui améliorent la qualité des installations. D’autres innovations peuvent être mises en oeuvre telles que les kits hydrauliques « plug and heat, » pour faciliter l’installation ou l’utilisation de panneaux souples, ce qui réduit les coûts. Enfin, des mécanismes de type « mis en service dynamique » proposées par Enerplan ou « charte engagement solaire » proposés par l’association ICO, dont l’objectif est de responsabiliser tous les intervenants, vont
également dans le bon sens.

O. G. : Des progrès ont été faits sur les systèmes de suivi à distance et d’autodiagnostic des installations solaires. La connectivité permet de remonter des informations à distance et de corriger des erreurs sans intervention chez le client. Si le déplacement s’avère néanmoins nécessaire, le professionnel qui a pu identifier le ou les composants défectueux et qui dispose ainsi des bonnes pièces de rechange, gagne du temps. Pour finir, on améliore la fiabilité et les performances du solaire thermique tout en dépensant moins.

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